30 décembre 2008
Le blog du jour : Sandokan et ses dessins changent de trait
Qui ne connaît pas les doigts talentueux de Sandokan pour croquer l'obscur objet de nos désirs ? Le dessinateur, l'artiste, change d'apparence de blog principal (c'est ICI), de nouveaux "traits décoratifs" pour son site qui font encore mieux ressortir le sien dans ses oeuvres (c'est encore LÀ). Sando - pour les intimes est né en septembre 1962 à Beyrouth (Liban), passionné par le dessin depuis l'enfance. Un pays que je connais bien pour y avoir des amis aussi. La guerre a fauché sa passion artistique en 1975, et lui-même dans les années 1980. Il est venu se faire soigner en France, étudier, et Sando y est resté. Et c'est tant mieux, même si son coeur est aussi là-bas. Interview du créateur de ses récentes "Mignonnettes" (deuxième photo), qui expose entre autres beaucoup, depuis deux ans, dans le département de l'Hérault.
Sandokan, comment êtes-vous venu au dessin ?
"L'été 2003, plusieurs événements conjugués (dont la vue du film "La belle noiseuse"), ont réveillé ma passion. Cela fait 5 ans maintenant que j'ai repris la peinture et le dessin. C'était d'abord comme thérapie contre le stress et la pression, puis je suis vite redevenu addict, un drogué... de mes pastels et mes pinceaux, comme pour rattraper le temps perdu. Dans la rue, dans les cafés, au bureau, chez moi, dès que l'occasion se présente, c'est un réflexe, je dégaine mes crayons et je tire... mes traits. Par contre, je ne me présente pas comme un dessinateur ou peintre, n'ayant fait aucune étude dans ce sens, mais plutôt comme un dessineux passionné et amateur du nus, flamenco et tango."
L'érotisme est votre thème de prédilection ?
"Depuis tout petit, j'adorais plus dessiner des personnages en situation que des paysages. J'avais commencé par Pif-gadget, puis Rahan, puis les super héros : Akim, Bengali, Zembla, Tarzan... Puis j'ai grandi avec Barbarella, Vampirella et juste avant que la guerre m'ôte ma passion, j'ai commencé à découvrir Boris Vallejo, ou Luis Royo... Et parce que j'aime plus la nature vivante que la nature morte et peut-être, aussi, pour exorciser la mort que je croisais à chaque coin de rue, dans ma prime jeunesse, au Liban."
Les Mignonnettes en sont l'un des plus beaux exemples, en dehors des muses et autres femmes qui nous enchantent ?
"C'est en me baladant dans un magasin de bricolage que j'ai eu l'idée. En ce moment, c'est la mode des stickers qu'on colle sur les murs, on voit des pierres, des plantes stylisées, des dessins pour chambre d'enfants, etc. Je me suis dit : pourquoi ne pas faire des stickers ou même des tampons encreurs avec des dessins en masse (noir sur blanc) sur mes sujets favoris, c'est un format qui se prête bien, et cela peut intéresser un certain public. Les seuls imprimeurs susceptibles de me suivre se trouvent en Amérique, j'ai mis l'idée de coté en attendant."
Comment vous vient une inspiration de dessin ?
"Tout commence par intuition (je dessine très peu sur commande). Une phrase dans une conversation, une femme qui passe devant moi, un livre que je lis, une émission de radio ou de télé, un film, et tout d'un coup ça fait tilt dans ma tête. À ce moment, je dégaine mon carnet et mon crayon, et je tire mon premier croquis. Puis le soir, à la maison, quand toute la famille dort, je ressors mon dessin, puis je le reprends, et je le travaille "au corps" jusqu'à ce qu'il me satisfasse et enfin, vers 1 heure ou 2 heures du matin, je le mets en ligne pour le faire jauger par mes visiteurs. En fait, vous êtes mes juges finaux, de vos commentaires dépend la destination du dessin : le tiroir ou la poubelle."
Et vos projets artistiques ?
"C'est plutôt "wait and see" pour le moment. Je n'ai pas de projets à proprement parler. Je dessine et je peins selon mon bon plaisir jusqu'au jour où un bonhomme (ou une jolie dame, pourquoi pas...) viendra frapper à ma porte et me dire : "Hé mon gars, suis moi ! Je suis là pour te faire connaître, car tu en vaux la peine !". Et là je pourrai dire, ça y est ! Mes coups de pinceaux et crayons sont assez matures pour devenir "pros". Mais pour l'instant, je croque, je croque...".
Illustrations Sandokan (reproduction interdite).
24 décembre 2008
Erotic'Art : Stéphane Lallemand, le culte des ancêtres
J'ai choisi pour l'un des derniers articles de l'année 2008, de vous faire (re)découvrir le photographe (l'artiste) Stéphane Lallemand, né à Épinal (ça ne s'invente pas), et qui travaille aujourd'hui à Strasbourg (ses sites Internet seront en lien au fil de l'interview, et à la fin de l'article). Artiste il est, car il décline aussi ses inspirations de bien des manières, quand il ne compose pas des photos aussi sensuelles que belles, inspirées de grands tableaux de peintres. Stéphane Lallemand expose dans le monde entier, au printemps prochain en Alsace, et participe à l'exposition "Ingres et les Modernes" cet été au Musée Ingres à Montauban, organisée par un jeune conservateur du Louvre spécialiste de Ingres. Interview de Stéphane Lallemand, qui fut professeur de dessin cours périscolaires de l'École supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg, où il est responsable aujourd'hui de l'Atelier Bois (Option objet).
Vos photos sont majoritairement inspirées par de célèbres tableaux de grands peintres ?
"Mon travail d'artiste consiste en une exploration du monde de l'image, qui m'a conduit vers les univers de tous ceux qui m'ont précédé et qui ont formé mon regard. Tous les artistes se nourrissent des travaux de leurs prédécesseurs avec plus ou moins de conscience, que ce soit sous des formes réactives ou adhésives... Certains préfèrent cacher leurs influences, espérant ainsi paraître plus originaux, d'autres, dont je fais partie, se vouent au "culte des ancêtres". Je cite "mes maitres anciens" avec un clin d'oeil complice et amusé, leurs travers et leurs obsessions sont tellement visibles dans leur travail, c'est d'ailleurs ce qui les rend plus humains. Les époques changent, les humains pas beaucoup..."
Qu'est-ce qui vous inspire chez la femme, dont les charmes dans vos oeuvres sont renforcés par des poses lascives et narratives ?
"Ces photographies sont des clins d'oeil à des tableaux célèbres de l'histoire de l'art, comme l'étaient déjà mes dessins sur télécrans. Je travaille depuis presque vingt ans avec l'idée du nu, mais j'avais jusqu'à présent évacué la question du modèle, en travaillant avec des références et plus récemment avec des images "trouvées" sur le net qui deviennent mes modèles, comme dans le cas des dessins photogéniques et des papiers salés. Chez un ami, j'avais passé quelques soirées face à un de ces tableaux lumineux et animés qui représentent une cascade. C'était une expérience étonnante, puisque l'objet tout en étant parfaitement kitsch n'en demeurait pas moins fascinant. Depuis, j'avais très envie de faire une pièce sur ce principe des cascades animées. Un jour, l'idée des "Fountains" m'est venue, c'est ainsi que j'ai commencé à travailler avec des modèles. Pour cette série des "Fountains", je voulais différentes morphologies qui ne soient pas glamour... Pour le confort des modèles et pour faciliter le travail des prises de vues, j'avais fabriqué un appareillage pour simuler un pipi abondant grâce à un tuyau qui passe dans le dos, relié à une bouteille. Ce fut aussi de bonnes parties de fou rire. La présence de modèles m'a donné envie, en fonction de leur morphologie spécifique, de les mettre en scène en référence à des tableaux célèbres de l'histoire de l'art. Une façon de me constituer un musée imaginaire personnel. Dans mes travaux antérieurs, alors que je ne travaillais qu'à partir de documents, les réactions du public m'amusaient beaucoup. Tous m'imaginaient avec une flopé de jeunes filles nues autour de moi. Cela m'a donné envie de mettre en scène ce fantasme de spectateur de l'artiste et son modèle, j'ai donc revisité l'histoire de l'art sous cet angle."
Qu'aimez-vous montrer dans un nu et comment le construisez-vous ?
"Avant tout, il y a une complicité avec un maître ancien de la peinture classique, puis la rencontre avec un de ses tableaux. À partir de là, la plastique du modèle me conduit à la mettre en scène en référence à un tableau particulier. Je compose donc ma scène et mon éclairage en référence au tableau, même si la composition n'est qu'une évocation (la reconstitution exacte ne m'intéresse pas), puis, après numérisation du négatif ou de l'ekta, je fais réaliser un tirage argentique couleur monté sous Diasec."
Des clichés où vous n'hésitez pas à vous mettre vous-même en scène ?
"Comme je l'ai expliqué, le fantasme du spectateur vis à vis de l'artiste, supposé vivre une vie de débauche avec ses modèles, a la vie longue. J'ai eu envie de conforter le spectateur dans ses convictions et je lui ai donc apporté des preuves. Je me suis mis en scène dans des reconstitutions approximatives de quelques-uns des standards de la peinture. Les nombreuses "Suzanne et les vieillards", "Peintre et sa muse" et autres scènes mythologiques, sont surtout des prétextes à montrer de belles paires de fesses, des poitrines opulentes et des cambrures de reins affolantes. Comme mes prédécesseurs, j'emprunte à mon tour ces standards de l'image..."
Vous travaillez d'autres techniques photographiques, offrant une autre vision de la féminité, clichés contrastés à la limite du dessin ?
"Je travaille avec une technique qui est la première apparition de l'image multiple réalisée à partir d'une réalité. Le principe du négatif/positif, permettant de nombreuses épreuves d'une même prise de vue à été inventé en Angleterre par Fox Talbot dans les années 1839, à peu près à la même époque que le daguerréotype inventé en France, mais qui lui, ne produisait que des images uniques. À cette époque, l'image photographique était rare et constituait un objet précieux. J'ai eu envie de faire le grand écart en prenant des images fugaces du Net, que je tire avec le même procédé que celui inventé par Talbot en 1839..."
Vous faites aussi d'autres photos, et des textes ?
"J'utilise tous les outils qui me plaisent. J'ai écrit des poèmes dans mes périodes de blues qui n'ont jamais été lus par personne d'autre que moi... Je continue ma pratique de sculpture avec des projets que je mets en oeuvre en m'accordant du temps pour se faire."
De haut en bas, des oeuvres de Stéphane Lallemand : Danaë (d'après Le Tintoret) ; Angélique (Ingres) ; L'atelier du peintre (Courbet) ; Vénus et Amour (Velasquez), et Odalisque blonde (Boucher). Reproduction des photos interdite.
Les sites Internet de Stéphane Lallemand : Stéphane Lallemand et Photogénies.
21 décembre 2008
Erotic'Art : VéroPapillon par Benoît Moyen
Le 8 octobre 2008 (voir ma rubrique "Photographies"), Benoît Moyen avait inauguré avec l'une de ses modèles ma rubrique "Erotic'Art", où l'on retrouve des photographes professionnel(le)s et/ou modèles de profession, voire qui développent une activité de photographes ou de modèles parallèlement à une autre activité.
VéroPapillon est de celles-là, qui vient de franchir le cap avec le photographe Benoît Moyen, pour sa très belle série "Le Fauteuil rouge", une série alimentée au gré des inspirations de l'artiste, et des modèles femmes (et hommes) rencontrés. Benoît Moyen est toujours à la recherche de nouveaux modèles, et cette fois VéroPapillon a trouvé chez lui le prétexte à découvrir le nu artistique : "Exposer son corps n'est pas quelque chose de facile pour moi ; faire des photos de nu, c'est dépasser cet état pudique, surmonter certaines peurs, affronter son propre regard et celui de l'artiste, accepter de dévoiler l'intime", explique la jeune femme, dont le blog "Les papillonnages de Véronique" (c'est ICI), chroniques de sa vie quotidienne et/ou de ses aventures (sa rubrique "Les Nuits de Véro"), est déjà en soi un dévoilement littéraire. Ses premiers essais de nus sont dans ses albums photos personnels, intitulés "Boîte à Secrets". Avec Benoît Moyen, elle passe à un stade supplémentaire, celui de l'oeil professionnel qui peut aussi imposer sa propre vision : "Je trouve qu'aujourd'hui, dans notre société, soit les corps sont masqués, soit ils sont surexposés. Pas évident de se situer... Le travail de Benoît Moyen me plait en cela car il montre sans dévoiler. La sensualité et l'humanité sont confondus avec comme écrin le fauteuil rouge. Ce fauteuil qui m'avait déjà subjugué dans ses photos, la première fois que j'avais vu son travail, car j'aime les personnifications d'objets et là, ce fauteuil devenait sujet.", analyse VéroPapillon (son pseudo de modèle) : "J'aimerais à nouveau poser dans des contextes différents. Peut-être des choses plus narratives, représentatives d'idées, de concepts, poser sur des thèmes précis, adhérer avec mon corps à un univers... J'aime la photographie et participer à une démarche artistique est une expérience enrichissante."
Benoît Moyen, 46 ans, est un photographe autodidacte qui s'est tourné vers le nu, les photos graphiques, ou des transferts d'émulsion photographique, et dit vouloir travailler "sur la réalité de l'être, nu : le mystère de l'érotisme et du désir qui se révèle autour d'une construction de chair et d'os." L'artiste expose régulièrement, comme début 2009 en région parisienne (son site officiel), mais il a aussi publié ses photos dans des magazines tels que V.S.D., Actuel, ou pour l'Agence Sipa. La liste n'est pas exhaustive, et celles de ses modèles non plus...
Photos du modèle VéroPapillon à découvrir sur son blog (et dans ses albums photos "Boîte à Secrets"), ou dans l'album ci-contre "De l'Art érotique". Reproduction des photos interdites.
12 décembre 2008
Erotic'Art : Roy Stuart libère la féminité...
"Je ne ferai plus d'art ennuyeux.", a dit un jour Roy Stuart, considéré aujourd'hui comme l'un des maîtres de l'érotisme. Ce photographe et réalisateur né en 1955 à New-York, vit aujourd'hui à Paris. Son actualité est chargée, puisque son premier long métrage, The Lost Door (La porte manquée), dont le site officiel vous dira tout (c'est ICI), est sorti en avant-première, du 4 au 16 décembre 2008, à l'affiche du cinéma studio Galande (c'est LÀ). Mais la sortie de ce premier thriller policier qui explore en même temps l'érotisme, ferait presque oublier que l'artiste vient de sortir son cinquième livre-DVD de photographies érotiques, Roy Stuart V, toujours chez Taschen. Les quatre premiers opus du regard de Roy Stuart sur l'érotisme et le sexe, où les femmes usent naturellement des mêmes prérogatives que les hommes, se sont vendus à quelque 500.000 exemplaires. L'artiste y décline et y sublime, au fil des pages, dans de véritables tableaux vivants, des femmes qui conjuguent seules, entre elles, ou avec les hommes, leurs fantasmes et pulsions. Elles livrent leur intimité toujours avec une sensualité à fleur de peau, sur un lit, dans un bar, ou dans des lieux publics. Dans ses clichés, Roy Stuart explore "une troisième voie" de l'érotisme comme l'appelle François Louvard, qui préface Roy Stuart V. La voie de Roy Stuart qui s'attache à capter avec authenticité l'acte ou l'instant, faisant du décor un élément catalyseur pour retranscrire et transmettre l'émotion provoquée dans l'oeil du public voyeur et complice (comme ci-dessous, cette photo au triolisme intense).
En cela, l'artiste photographe se rapproche depuis des années déjà, en précurseur novateur, de la démarche actuelle de certain(e)s photographes professionnel(le)s, ou amateurs, dont les clichés des books et/ou blogs adultes et intimes fixent en images des instants ou des tranches de vie érotiques, chargés de sens et d'émotion. Comme, exemple parmi d'autres, Armandie, dont les articles illustrés de photos toujours judicieusement mises en scène, s'accompagnent de textes sensuels et musiques lyriques pour n'en faire qu'un tableau voluptueux.
Roy Stuart vient également d'éditer le 9e volet de ses "Glimpse" en DVD, suite audacieuse et fascinante de scènes hétéroclites ou baroques qui conjuguent l'érotisme, le sexe, et les fantasmes. Le trublion américain y fustige là encore la vision phallocentrique du sexe, dans un univers sans tabous, mêlant esthétisme et scènes explicites à des situations réalistes, à l'inverse des codes figés, bien souvent, de la pornographie.
Maître incontesté de l'imagerie érotique, Roy Stuart s'est fait connaître dans le milieu de la contre-culture new-yorkaise de la fin des années 1960. Actuellement, il réside à Paris et n'expose ses photographies qu'à de rares occasions, et dans le monde entier, mais c'est à chaque fois un événement d'une nouvelle découverte. Si d'emblée les audacieuses photographies de Stuart s'apparentent aux traditionnels clichés pornographiques ou érotiques, ce serait une erreur d'en limiter la vision à cette analyse. Chez lui, l'expression du désir et du plaisir, passe nécessairement dans l'image par le contexte qui les fait naître, en donnant un vrai rôle prédominant à la beauté et à la séduction féminine.
Le résultat des clichés et/ou films de Roy Stuart devient intense, parce que le spectateur est amené à son insu, de manière presque subliminale, à en ressentir le cheminement (comme avec les deux personnages ci-contre). L'artiste pousse le spectateur dans ses retranchements intimes, avec délectation et volupté. La photographie érotique est quasiment réinventée en permanence, au gré aussi de ses fantasmes, ou de ceux de ses concitoyen(ne)s qu'il connaît bien, pour en livrer l'essence en images ou sur pellicule : le désir, le(s) corp(s), le plaisir, dans leur beauté et leur fragilité toujours renouvelées.
Parmi les blogs adultes dédiés à l'érotisme, certains ont une démarche similaire, puisque sous forme de tableaux inspirés, ils offrent aux visiteurs une intimité érotisée, sensuelle et esthétique. Pour exemple, Armandie qui s'attache à sa manière, au gré d'une inspiration naturelle et spontanée, à retranscrire dans chacun de ses articles une tranche de vie intime et intense dans un contexte particulier. Un petit tour sur son blog l'illustrera à vos yeux bien mieux que des mots, comme les deux photos d'elle ci-dessus et ci-dessous, qui vous en rappelleront sans le vouloir une autre plus haut de Stuart, liée à l'article (Reproduction interdite des photos de Roy Stuart, et de celles d'Armandie).
07 décembre 2008
Volute Corsets : Caroline embellit sur mesure
À Paris, ou à partir de son site internet, Caroline Garoscio commercialise des corsets qu'elle crée sur mesure, depuis quelques années, sous le nom de Volute Corsets. Ses créations - corsets de mariage, glamour, féériques, gothiques ou fetish - ont été notamment présentées lors d'un défilé chez "Cris et Chuchotements" à Paris (c'est ICI ou LÀ), dans le cadre de la Fetish Week Parisienne. Mais de célèbres photographes aiment aussi utiliser ses collections raffinées et originales pour enrichir leurs inspirations, comme on peut le voir sur le site de Caroline, alias Volutelady (son site officiel). Ou sur la partie "Fetish Soft" de son site. Interview.
Caroline Garoscio, vous allez présenter aux Goûters du divin marquis (Cris et Chuchotements), le 12 décembre 2008, votre collection. Vous exposez votre travail dans votre boutique parisienne, entre Halles et Marais, des modèles créés pour les particuliers, voire le spectacle. Comment êtes-vous devenue corsetière ?
"On me demande souvent quelles études j'ai fait, pour me retrouver à faire ce merveilleux vieux métier : corsetière... Eh bien, j'ai un DESS d'édition et rédaction professionnelle ! Je suis avant tout autodidacte. J'ai appris à coudre et à broder très tôt grâce à ma mère et ma grand-mère. Il n'existe plus vraiment de formation à la véritable corseterie dans le cursus scolaire actuel - sous le nom de corseterie on trouve des cours pour apprendre à travailler les fins tissus élastiques des soutiens-gorge et autres lingeries. Les corsetières que je connais se sont en général formées seules, par la recherche documentaire et la mise en pratique, comme moi, ou elles viennent d'un parcours de couture plus classique ou du costume de théâtre. En ce qui me concerne, ce fut aussi beaucoup de sueur et d'acharnement au début, et l'apprentissage constant de nouvelles techniques. Il faut à la fois beaucoup de curiosité et de patience avant d'arriver, à force de tests, à un résultat satisfaisant."
D'où vient votre passion pour les corsets ?
"Depuis l'adolescence, je suis fascinée par les costumes anciens (surtout XVIIIe et XIXe siècles). À 14 ans, j'utilisais mon argent de poche pour acheter des livres sur l'histoire du costume. Mais sur le sujet précis du corset, je dois avouer que j'ai eu longtemps les réticences et les clichés absurdes qui y sont encore trop liés dans les esprits. C'est vraiment leur (re)découverte dans l'optique moderne des corsetiers contemporains trouvés sur Internet, qui a provoqué le déclic. Ce n'est que plus tard que je les ai rattachés à ma démarche de longue haleine de recherches historiques de fond. Internet m'a fait découvrir les sites de nombreux corsetiers, surtout américains : Dark Garden, Romantasy, Lace Embrace, Sheri Jurnecka, etc. Mais aussi le tightlacing, ou des forums réunissant des corsetières amateurs et professionnelles. Presque tout de suite, j'ai voulu m'en faire un, puis deux, puis trois... Et il était déjà trop tard. Très vite, j'ai créé mon site Internet. Pendant longtemps, je travaillais au bureau le jour, et devenait corsetière le soir, la nuit, le week-end... Puis j'ai choisi l'aventure de Volute Corsets."
Pourquoi ce nom de Volute Corsets ?
"J'ai cherché plein d'idées sur le thème de la courbe ! Arabesques était déjà trop pris par d'autres choses, alors, et puis j'ai choisi Volute parce que comme les sensuelles courbes qui ornent les végétaux, le corset magnifie la nature : celle des femmes ! Parce que, comme les dentelles de pierre de l'architecture, le corset est une rigoureuse construction, une technique précise, un long travail, mais ne laisse paraître que son raffinement léger. Parce que, comme les fumées raffinées aux spirales bleutées, le corset est un objet qui évoque le luxe, et prend toute sa beauté dans le boudoir... ou dans les mondanités. Parce que le mot Volute est si proche de volupté..."
Vous avez créé des modèles spéciaux exclusifs pour les Goûters du divin marquis, qui offrent un style à la fois fetish et érotique, tout en restant esthétique ?
"C'est grâce à une amie qui a parlé de moi à Marquis noir et Melle Ôda, la direction. Ils m'ont contactée. Nous avons discuté d'une série limitée, dans un esprit plus ouvertement fetish que beaucoup de mes créations habituelles, et de ce qui serait approprié comme style, comme matières... Cela m'offre un espace à part, ludique. J'ai beaucoup apprécié la grande liberté laissée pour le design précis, et l'intérêt de proposer des corsets haut de gamme, chic et esthétiques, avec de très belles matières et finitions, et un esprit moins cliché que beaucoup de choses que l'on peut trouver en prêt-à-porter de série. La mini-collection s'articule autour de six modèles, trois peut-être plus appropriés à des Domina, trois autres plus destinés à des soumis(e)s. Chacun pourra commander ces modèles, fabriqués à la demande, dans sa taille (tour de poitrine et tour de taille), sachant qu'il ne s'agit pas cette fois de sur-mesure à proprement parler, avec parfois des possibilités de choix de couleurs de cuir, qui seront toujours indiquées clairement sur la boutique des Goûters qui figure aussi sur leur site Internet."
Photographies, du haut vers le bas de l'article : Cédric Grisel ; Fred Kyrel, et Goldensilk. Reproduction interdite.
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