16 octobre 2009
Galerie "Au Bonheur du Jour" : l'envers des bordels
Du 28 octobre 2009 au 31 janvier 2010, la galerie parisienne "Au Bonheur du jour" présente une exposition aussi originale qu'étonnante dans son contenu, complétée d'un livre (*) : "Maisons closes, 1860-1946". Nicole Canet, la maîtresse de cette galerie réputée pour ces documents érotiques anciens (le site officiel est ICI), est toujours imaginative quand il s'agit d'organiser une exposition temporaire. Le plus vieux métier du monde et le monde des bordels de femmes ou d'hommes (mais oui) s'ouvrent ainsi aux yeux du public pendant plusieurs mois, rétrospective audacieuse au coeur des maisons closes parisiennes ou du "Palais oriental à Reims"... Tout un programme...
En ce temps-là, ces lieux "mythiques", avant que la loi Marthe Richard ferme les maisons de tolérance en 1946, s'appelaient "Le Chabanais", "Le One Two Two", "Le Sphinx", "La Fleur Blanche", "L'Étoile de Kléber"... À partir de documents photographiques, de dessins, de peintures, d'objets, et autres cartes postales, c'est une véritable plongée dans les habitudes des maisons closes que propose l'expo, tout autant que l'importance à la fois économique et sociale qu'elles avaient alors, et dans un esprit de libertinage débridé... Les maisons closes furent des hauts lieux de la Belle Époque et des Années folles parisiennes, un univers de luxe et de volupté, certes différentes les unes des autres dans l'échelle des mondanités, mais toujours le reflet d'un lieu de plaisir où toutes les excentricités et les audaces étaient pratiquement permises... Si les bordels de femmes étaient les plus courants, les bordels d'hommes, existant depuis l'antiquité, ne sont pas absents de l'expo et du livre (photo ci-dessous). Cette rubrique comprend une trentaine de photos et de dessins.
Les maisons closes, parfois décorées d'univers dépaysants pour faire "voyager" la clientèle, étaient aussi des endroits où l'on organisait des fêtes et autres mises en scène : tableaux vivants, fessée et flagellation, et autres inventivités coquines nourries de tous les désirs. Les hommes y trouvaient là matière à combler leurs fantasmes les plus osés, y compris dans le domaine de la lingerie, ou des goûts sexuels... Mais l'on y croisait des clientes femmes aussi... Bref, la vie quotidienne dans les bordels d'antan, scènes vénéneuses des amours tarifés et des rêves de plaisirs réalisés, comme d'ailleurs le phénomène existe depuis l'antiquité...
(*) "Maisons closes, 1860-1946", un livre-catalogue relié de 328 pages, en français et en anglais, 400 illustrations couleur (Éditions Nicole Canet, Galerie Au Bonheur du Jour). Pour en savoir plus sur l'expo et la galerie, c'est LÀ.
07 octobre 2009
Quand Cupidon ne s'en fout pas...
Cette vidéo est à regarder jusqu'au bout, pleine de symboles, de fraîcheur et de bons sentiments, c'est aussi ça l'érotisme, quand l'amour s'en mêle, et que le coeur se serre quand on est loin d'Elle...
Comme une grande fleur...
Comme une grande fleur trop lourde qui défaille,
Parfois, toute en mes bras, tu renverses ta taille
Et plonges dans mes yeux tes beaux yeux verts ardents,
Avec un long sourire où miroitent tes dents...
Je t'enlace ; j'ai comme un peu de l'âpre joie
Du fauve frémissant et fier qui tient sa proie.
Tu souris... Je te tiens pâle et l'âme perdue
De se sentir au bord du bonheur suspendue,
Et toujours le désir pareil au coeur me mord,
De t'emporter ainsi, vivante, dans la mort.
Incliné sur tes yeux où palpite une flamme
Je descends, je descends, on dirait, dans ton âme...
De ta robe entr'ouverte aux larges plis flottants,
Où des éclairs de peau reluisent par instants,
Un arôme charnel où le désir s'allume
Monte à longs flots vers moi comme un parfum qui fume.
Et, lentement, les yeux clos, pour mieux m'en griser,
Je cueille sur tes dents la fleur de ton baiser !...
Albert Samain (1858-1900).
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